A propos de l'histoire de la folie, Extrait de M Foucault

A partir de la fin du moyen âge, début renaissance, la folie, qui était une expérience peu importante à l’époque chrétienne, prend une importance considérable et inattendue.

 

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Michel Foucault A propos de l’histoire de la Folie 1960


A partir de la fin du moyen âge, début renaissance, la folie, qui était une expérience peu importante à l’époque chrétienne, prend une importance considérable et inattendue.

L’expérience de la mort, qui dans les dernières années du gothique avait été si importante disparait pour être remplacée par une expérience de la folie du monde, de la raison des hommes et des choses Et à la menace de la mort qui pèse sur les individus se substitue la menace d’une sorte de grand délire qui risquerait de menacer le monde ;

La renaissance a été dominée, menacée par ce grand thème de la folie et de la déraison qui menace les hommes et les choses.

Témoignages : (de cette menace)

-       Picturaux : la nephe des fous (peinture de la renaissance)

-       Littéraire : poème de Brandt

-       Textes philosophique : défense contre cette peur de la folie. Eloge de la folie d’Erasme. Il s’agit de montrer que la folie n’est pas si importante qui menace le monde jusqu’e dans ces fondements. la folie ce n'es’ pas autre chose que , c’est comme le cortège, danse un peu fantaisiste pas tellement sérieuse des défauts et des folies mineures des hommes

16esiecle : châtiment spécifié, comme hérétique, que nous considèrerions aujourd’hui comme des malades mentaux. Des gens atteint de maladie vénérienne, au début soigné puis par une évolution en quelque sorte rétrograde : 1550-1560 ont été châtié. Puis il y a eu les fous ; jusqu’à la fin du 16e siècle, traité de trois façons :

-       Dans les hôpitaux. Soigné avec les médicaments et thérapeutiques de l’époque

-       Enfermé, dans citadelles ou tour, forteresse, entouré les villes. On les montrer, emblème de terreur et de répulsion

-       Ils circulaient à l’état libre. Dans la littérature du 16e et début 17e (baroque) beaucoup d’allusion ses personnages fou, y en a qui été célèbre,  qui distrayait le public, qui écrivait des livres. Le compte de « bermussion », fou célèbre, protégé par les plus grandes familles françaises et qui vivait à leur crochet, à publier des œuvres (des œuvres de délire)

L’expérience tragique de la folie est caractéristique du théâtre du 16e, et début 17e s. la folie chez Shakespeare est qqch de capital.

Milieu 17e s avec Andromaque, dernière tragédie classique qui parle encore de la folie.

A partie de 1650 : la folie et la raison sont séparé, séparés dans les choses, dans les hommes. Les hommes qui sont fous N’ont plus le droit de faire partie de la société. Au moment où se fait ce partage, ou la Dissociation entre l’expérience de la déraison, et l’expérience de la raison est définitivement sanctionnée, à partir de ce moment : La folie n’apparait plus que comme une chose dont la raison va pouvoir s’emparer. Et sur laquelle la raison pourra spéculer comme sur un objet scientifique. Et la psychiatrie devient possible.

1656/1657 : c’est créer à paris, ce qu’on a appelé l’hôpital général, sorte de grande maison de réclusion, d’internement, de renfermement, ou ont trouvé mêlé des chômeurs, des mendiants, des agités de toutes sortes, des fils de famille débauchés, des pères qui mangeait le capital et puis qui s’en allait, Des libertins, des homosexuels, des protestants,… . Et tout ce monde qui était pour des raisons divers,  refusé et exclus par la société, tout ce monde comprenait également des gens qui étaient fou. Et on trouve sur les registres d’internement de Bizerte et de La Salpetrière qui était les deux principales maisons de l’hôpital général. On trouve sur ces registres qui sont encore actuellement à la Bibliothèque de l’arsenal, aux archives de la bastille, Des mentions comme celle-ci : un tel « tête perdue », qu’est-ce que ça veut dire ? Ou bien quelqu’un qui était effectivement  un fou et qu’il avait pu être soigné comme tel dans sa famille par ex. ou bien il était tête perdue parce qu’il était débauché, ou bien Parce qu’il écrivait des romans érotiques, Ou il était tête perdue parce qu’il était protestant et qu’il refusait de renier sa religion.

Certains malades pour des raisons assez difficilement définissables continue à être traités comme malades, et alors tous les autres sont pris à l’intérieur d’une sorte de Grand mouvement de ségrégation qui les abolie comme malade et ne les définit que comme exclus.

A l’époque de la révolution (fin 18es), qu’on a posé ce grand principe que quelqu’un qui devait être mis en prison ne devait pas être mis à l’hôpital et inversement quelqu’un qui était mis dans un l’hôpital ne devait pas être traité comme un prisonnier. Le partage s’est fait dans un contexte historique et politique très précis, lorsque la grande politique confuse de l’internement a été remise en question à partir de 1789 pour des raisons politiques évidentes. La prise de la bastide n’est que l’un épisode  dans cette grande mise en question de la politique d’internement qui avait été la politique policière de tout l’ancien régime.

L’internement a cessé de valoir pour les prisonniers politiques et pour tout un tas de délinquants mineures, et la politique de l’internement a été appliquée aux seuls fous, à partir de 1792/1793. Toute la pesanteur morale tout cet héritage un peu trouble de l’internement, c’est sur les fous qu’il a été reporté. Et c’est cette opération la me semble-t-il qu’a faite Pinel.

Ce qu’on a appelé la folie morale à partir de Pritchard, et ce qu’on appelait avant la folie sans délire ou la manie sans délire ou encore la monomanie. Phénomène tout à fait curieux. Il s’agissait de savoir si un individu commentant un acte que les autres jugent aberrant mais qui commet cet acte sans avoir manifesté d’autre signes de folie et sans justifier cet acte aberrant par des idées folles ; est ce que cet individu et cet acte peuvent être considéré comme un individu fou et un acte fou ? Ainsi, les premiers grands procès criminels, les médicaux légaux de cette époque. (1820-1830)

Ex : Marguerite cordier je crois ; son père lui refuse l’autorisation de se marier avec l’homme qu’elle aime. Elle tue son père (c’est encore normal), le fait brulé dans la cheminée. Le fait rôtir, retire son cœur et le mange. Elle passe devant les tribunaux, et  Les médecins disent voici un acte qui est fou car il n’est pas normal de manger le cœur de son père,  Ce à quoi les avocats et les juges ont répondu : en quoi cet acte peut être considéré comme un acte anormal ? Car cette fille n’a jamais donné aucune signe de maladie ; et elle est passé tout naturellement d’une attitude de colère à un crime et  On ne peut pas assigner el moment, à partir duquel la passion est devenue folie. Par conséquent elle été entièrement responsable et son acte est un acte responsable il faut donc la condamner.

La était le nœud du problème et je crois que nous n’en sommes pas sorti : qui pourrait se résumer ainsi : quand un acte est vraiment sans raison ou hors de raison, est ce que c’est un acte déraisonnable donc fou ?

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